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Médiation ou formation aux conflits : quelle frontière ?

Camille Mercier·2 min de lecture
Médiation ou formation aux conflits : quelle frontière ?

« Tu fais de la médiation ? » Cette question, tu vas la recevoir souvent quand tu vends une formation gestion des conflits. Réponse : non, sauf si tu as le titre. Mais tu peux faire beaucoup, en restant dans ton périmètre. Voici la frontière à connaître.

Le cadre juridique de la médiation

La médiation est une activité encadrée par la loi du 8 février 1995 (médiation conventionnelle) et le Code de procédure civile (médiation judiciaire). Pour s’en revendiquer professionnellement, tu dois remplir certaines conditions :

  • Titre de médiateur reconnu (RNCP niveau 6 ou 7 selon écoles)
  • Formation initiale minimum 200h
  • Supervision et déontologie spécifique
  • Inscription possible sur les listes des Cours d’appel pour la médiation judiciaire

Sans ce titre, tu ne peux pas te présenter comme « médiateur professionnel ». C’est une protection pour le client et un repère pour le marché.

Ce que tu peux faire comme formateur

Beaucoup de choses :

  • Former à la prévention et à la gestion des conflits
  • Animer des ateliers de cohésion d’équipe
  • Faciliter des séances de débriefing collectif
  • Co-animer avec un médiateur lors d’une intervention longue
  • Accompagner un manager dans la préparation d’un entretien difficile (coaching ponctuel)

Tu transmets des outils, tu fais réfléchir le collectif, tu donnes des grilles de lecture. Tu n’arbitres pas un conflit individuel sous mandat.

Exemples de mauvais positionnement

Trois situations à éviter :

  1. Un manager t’appelle : « J’ai deux collaborateurs qui ne se parlent plus, peux-tu faire une médiation entre eux ? » → si tu acceptes sans titre, tu sors de ton périmètre. Réoriente vers un médiateur ou propose une formation collective qui inclut ce binôme.
  2. Un client te demande de rédiger un protocole de résolution à signer entre les parties → c’est un acte de médiation. Décline ou pars en co-intervention avec un médiateur certifié.
  3. Tu interviens dans une équipe et tu sens un conflit individuel grave qui émerge → arrête le travail collectif, signale à la DRH, propose un dispositif adapté.

Partenariats : la voie du sérieux

La meilleure stratégie est de te construire un réseau de 2-3 médiateurs de confiance. Tu leur passes les dossiers qui dépassent ton périmètre, ils peuvent te recommander pour la partie formation préventive. Bénéfice mutuel et crédibilité renforcée.

Pour identifier des médiateurs sérieux dans ta région, regarde les annuaires des centres de médiation rattachés aux Cours d’appel ou des fédérations professionnelles (FFCM, ANM, CNM).

Comment communiquer ton positionnement

Sois explicite dans tes supports :

  • « Formateur·rice en prévention et gestion des conflits — pas médiateur·rice »
  • « En cas de conflit individuel installé, j’oriente vers un médiateur de mon réseau »
  • « Mes interventions sont collectives et préventives, pas individuelles et curatives »

Cette clarté est protectrice juridiquement et rassurante commercialement.

Faut-il devenir médiateur en parallèle ?

Si tu veux te positionner durablement sur le marché des conflits internes, oui, c’est un investissement pertinent. Compte 18 à 24 mois et 3 000 à 6 000 € pour un parcours certifiant complet. Tu doubles ainsi ton offre (formation + médiation) et tu accèdes à des marchés différents (collectivités, missions judiciaires).

Pour aller plus loin

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Écrit par

Camille Mercier

Formatrice en QVCT et prévention des risques psychosociaux depuis 2014. Accompagne les reconversions vers les métiers de formateur SST, PRAP, RPS et bien-être au travail. Approche pédagogique terrain, expérience en entreprise et en organisme de formation.

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